
Territoire apprenant contributif
Table des matières
Le territoire Apprenant Contributif (TAC)
Le territoire contributif est un concept issu principalement de la pensée du philosophe Bernard Stiegler et des travaux associés à son association Ars Industrialis et à l’Institut de recherche et d’innovation (IRI). Il désigne à la fois une idée théorique et une expérimentation concrète, la plus connue étant le « Territoire apprenant contributif » lancé vers 2016 à Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis.
Le point de départ est un diagnostic sur l’automatisation. Stiegler part de l’idée que le modèle industriel fondé sur l’emploi salarié touche à sa fin, parce que l’automatisation et la numérisation détruisent massivement les emplois classiques. Plutôt que de s’épuiser à défendre un modèle qui disparaît, il propose de repenser en profondeur le rapport entre emploi et travail. Pour lui, ces deux notions ne se confondent pas : l’emploi, c’est l’activité rémunérée, souvent « prolétarisée », c’est-à-dire vidée de son savoir et réduite à l’exécution ; le travail, au sens fort, c’est l’activité qui produit du savoir, développe des capacités et crée réellement de la valeur (savoir-faire, savoir-vivre, savoirs théoriques). L’économie contributive vise à valoriser ce « travail » au-delà de l’emploi.
L’inspiration vient largement du monde du logiciel libre et des communs numériques (Wikipédia, open source), où la valeur naît de la contribution de chacun plutôt que d’un contrat salarial classique. L’idée est d’étendre cette logique à l’ensemble de la société : une économie où l’on est reconnu et rémunéré pour ce qu’on apporte à la collectivité, et non seulement pour un emploi occupé.
Concrètement, la pièce maîtresse du dispositif est le revenu contributif. Inspiré du régime français des intermittents du spectacle, il s’agirait de verser un revenu à des personnes en dehors des périodes d’emploi, à condition qu’elles développent et partagent des savoirs, se forment, mènent des projets utiles au territoire. L’idée sous-jacente est la « déprolétarisation » : réarmer les individus en savoirs, à l’inverse de la dépossession opérée par l’industrialisation et la société de consommation.
Le mot territoire est central : l’expérimentation se déploie à une échelle locale et située, où chercheurs, habitants, collectivités et institutions coopèrent. Plaine Commune, territoire populaire et désindustrialisé du nord de Paris, a été choisi précisément parce qu’il concentre les défis (chômage, précarité) que ce modèle prétend adresser. Le territoire devient une sorte de laboratoire où l’on teste de nouvelles formes de production de valeur, de solidarité et d’apprentissage collectif.
Il faut noter que le concept reste largement expérimental et théorique. Les principales questions ouvertes portent sur son financement (comment redistribuer la valeur créée par l’automatisation pour financer le revenu contributif ?), sur la manière d’évaluer et de reconnaître les contributions, et sur sa généralisation au-delà d’un territoire pilote. Des critiques pointent le risque d’un dispositif difficile à passer à l’échelle, ou la difficulté à mesurer objectivement ce qui « compte » comme contribution.
La distinction emploi / travail
C’est le cœur conceptuel de toute la démarche. Chez Stiegler, l’emploi désigne l’activité salariée, subordonnée, calculable — celle qui s’échange contre un revenu dans le cadre du modèle industriel. Le travail, au sens fort, désigne autre chose : une activité qui transforme celui qui l’exerce, qui produit du savoir et qui contribue à ce que Stiegler appelle l’individuation (notion empruntée au philosophe Gilbert Simondon). On peut avoir un emploi sans jamais travailler en ce sens, et travailler intensément sans avoir d’emploi (un bénévole, un contributeur de Wikipédia, un parent).
Le concept qui articule tout cela est la prolétarisation. Stiegler en reprend le sens que lui donnait Marx — non pas « devenir pauvre », mais perdre son savoir — et il l’élargit en trois vagues. La révolution industrielle a prolétarisé le savoir-faire de l’ouvrier, transféré aux machines. La société de consommation a prolétarisé le savoir-vivre, délégué aux appareils et au marketing. Et le numérique, avec l’automatisation, prolétarise désormais le savoir théorique lui-même, absorbé par les algorithmes. Le prolétaire, chez Stiegler, n’est donc pas le miséreux mais celui qui a été dépossédé de ses savoirs — ce qui peut inclure le cadre ou l’ingénieur.
L’emploi participe de cette dépossession : on l’occupe pour obtenir un pouvoir d’achat, qui sert à consommer, ce qui prolétarise davantage — une boucle que Stiegler juge à la fois destructrice psychiquement et entropique (dans son vocabulaire tardif, il oppose l’entropie de l’Anthropocène au travail véritable, qui serait néguentropique ou néguanthropique, c’est-à-dire créateur de diversité et de bifurcations). L’automatisation, en détruisant l’emploi, achève la prolétarisation — mais ouvre paradoxalement la possibilité de la renverser, en libérant du temps pour un travail déprolétarisant. D’où le pari : cesser de défendre l’emploi pour organiser le travail.
L’expérimentation à Plaine Commune
Le « Territoire apprenant contributif » a été lancé vers 2016 comme partenariat entre l’établissement public territorial de Plaine Commune (une intercommunalité d’environ neuf villes au nord de Paris, dont Saint-Denis et Aubervilliers), l’Institut de recherche et d’innovation (IRI, adossé au Centre Pompidou), l’association Ars Industrialis, des universités locales (notamment Paris 8 et l’université Sorbonne Paris Nord) et la Maison des sciences de l’homme Paris Nord. Des acteurs privés et des fondations ont contribué au financement — je serais prudent sur la liste exacte, mais Dassault Systèmes et la Caisse des dépôts en faisaient partie.
Le dispositif reposait sur l’idée de recherche contributive : plutôt que des chercheurs étudiant un territoire « de l’extérieur », on associe les habitants comme co-chercheurs, producteurs de savoir sur leurs propres conditions de vie. Concrètement, cela prenait la forme d’ateliers thématiques réunissant chercheurs, habitants, agents des collectivités et associations.
Le résultat le plus tangible a sans doute été la clinique contributive, centrée sur les tout-petits (0-3 ans) et l’exposition aux écrans. Face à des situations de « surexposition » précoce et à ses effets sur le développement de l’enfant, ce projet réunissait pédiatres, orthophonistes, chercheurs et parents pour élaborer collectivement des savoirs et des pratiques de soin — une illustration très concrète de ce que veut dire « produire du savoir ensemble sur un territoire ». Le revenu contributif, en revanche, est resté beaucoup plus embryonnaire et n’a pas connu de déploiement à grande échelle. Il faut noter que la mort de Bernard Stiegler, en août 2020, a fragilisé un projet pensé pour durer une dizaine d’années et très lié à sa figure.
Les liens avec le revenu universel
C’est ici que le concept se distingue le plus nettement de propositions voisines. Le revenu universel (ou revenu de base) est, dans sa version canonique, inconditionnel : versé à tous, sans contrepartie ni condition de ressources. Le revenu contributif, lui, est conditionnel — non pas à la recherche d’un emploi (comme l’allocation chômage), mais au fait de développer et partager des savoirs, de se former, de mener des projets utiles. Son modèle explicite est le régime français des intermittents du spectacle : une rémunération versée entre les périodes d’activité, qui reconnaît que le travail créatif continue en dehors des moments strictement « employés ».
Cette différence traduit une réticence de Stiegler envers le revenu universel dans sa forme pure. Il craignait qu’un revenu inconditionnel ne devienne un simple « salaire de la consommation » : de quoi maintenir le pouvoir d’achat et donc la machine consumériste, sans rien changer à la prolétarisation. Son objectif n’est pas seulement de découpler le revenu de l’emploi (ce que partagent les deux propositions), mais d’orienter activement le temps libéré vers la déprolétarisation — d’où la conditionnalité contributive.
Cela dit, les deux familles d’idées partagent un même diagnostic (la fin de l’emploi salarié généralisé sous l’effet de l’automatisation) et une même filiation. La référence commune la plus importante est André Gorz, penseur de la sortie du salariat et de l’« au-delà du travail », qui a lui-même évolué vers un soutien au revenu d’existence. On peut aussi rapprocher le territoire contributif des courants des communs, de l’économie sociale et solidaire, et plus largement des réflexions sur la post-croissance — même si Stiegler a toujours tenu à sa singularité conceptuelle, centrée sur le savoir plutôt que sur la seule redistribution monétaire.
Un point de tension mérite d’être souligné pour finir : la conditionnalité, qui distingue le revenu contributif, est aussi sa principale difficulté pratique. Qui décide de ce qui compte comme contribution légitime ? Sur quels critères ? Le risque est de recréer, sous couvert d’émancipation, un contrôle sur les activités des personnes — critique que les partisans du revenu universel adressent volontiers à ce type de dispositif.
Comment rassembler les territoires contributifs à la Santé Commune ?
Le principe unificateur : le soin comme néguentropie
Le premier geste est conceptuel, et il conditionne tout le reste. Il faut désolidariser la « santé » de sa réduction moderne — un service que l’on consomme, une prestation délivrée par un système à des usagers passifs. Dans le vocabulaire de Stiegler, cette réduction est une forme de prolétarisation : le patient est dépossédé du savoir de son propre corps, de son alimentation, de son attention, au profit d’appareils (médicaux, pharmaceutiques, numériques). Reconstruire la santé comme commun, c’est en refaire une capacité produite collectivement plutôt qu’un bien distribué.
Le terme central ici est soin (care, mais aussi thérapeutique au sens large), qui chez Stiegler déborde très largement le médical : prendre soin de l’attention, des milieux, des liens, des enfants, des vieillissants. Le soin est le nom même de l’activité néguentropique — celle qui lutte contre la désintégration (l’entropie sociale, psychique, écologique). C’est ce qui donne au projet son unité : un territoire de « Santé Commune » serait un territoire qui organise et rémunère les activités de soin au sens le plus étendu, exactement comme le territoire apprenant organisait les activités de savoir.
Les cellules réplicables : la clinique contributive
Le deuxième plan est le plus concret, et il existe déjà en germe. La clinique contributive — celle qui, à Plaine Commune, réunissait pédiatres, orthophonistes, chercheurs et parents autour de la surexposition des tout-petits aux écrans — est précisément le prototype d’une cellule de « Santé Commune ». Sa logique est réplicable : réunir professionnels du soin, chercheurs et habitants autour d’un problème de santé situé, non pour appliquer un protocole descendant, mais pour coproduire un savoir thérapeutique.
Fédérer les territoires reviendrait alors à essaimer ces cliniques et à les mettre en réseau : une clinique de l’attention ici, une clinique de l’alimentation là, une clinique du vieillissement ailleurs, chacune ancrée localement mais partageant méthodes, outils et savoirs produits. C’est le principe des communs numériques (Wikipédia, logiciel libre) transposé au soin : ce qui circule et fédère, ce ne sont pas des services standardisés, mais des savoirs contributifs documentés et remployables d’un territoire à l’autre.
Le moteur économique : revenu contributif et solvabilité du soin
Le troisième plan répond à la question « qui paie et comment ? ». Le revenu contributif trouve ici un terrain particulièrement naturel, car une immense partie du soin est aujourd’hui invisible et gratuite (soin aux proches, éducation, entraide de voisinage) — donc économiquement inexistante alors qu’elle est vitale. Rémunérer, sur le modèle des intermittents, les personnes qui développent et partagent des activités de soin, c’est rendre solvable ce travail néguentropique aujourd’hui non reconnu.
À cela s’ajoute un outil que le projet a effectivement fait émerger après la mort de Stiegler : une monnaie locale de contribution, le projet ECO initié en 2023. Une monnaie dédiée permettrait de faire circuler la valeur du soin à l’échelle du territoire sans qu’elle soit immédiatement recapturée par l’économie consumériste. C’est l’un des leviers pour que « investir dans la santé commune » signifie littéralement investir dans l’intelligence collective et les capacités du territoire, plutôt que financer une dépense.
Le problème de la fédération : articuler le micro et le macro
C’est ici que se loge la vraie difficulté de votre verbe « rassembler ». Le nœud, identifié par les théoriciens eux-mêmes, est de conjuguer deux ordres de questions qui doivent être à la fois clairement distingués et fonctionnellement articulés à l’échelle micro-économique et micro-politique et à l’échelle macro-économique et macro-politique. Autrement dit : un territoire seul peut expérimenter une clinique ou un revenu contributif, mais la santé comme commun n’a de sens qu’à une échelle plus vaste — celle où l’on peut redistribuer la valeur de l’automatisation, articuler le dispositif avec la Sécurité sociale, mutualiser les savoirs. Arsindustrialis
La « connective » qui pourrait fédérer les territoires existe déjà en partie sous forme de réseau. Depuis la disparition de Stiegler, la conduite du programme s’appuie sur un Collège Scientifique et Industriel et sur le Collectif Internation et l’Association Epokhè pour le développement des territoires-laboratoires de l’économie contributive, avec une dimension internationale via le réseau Digital Studies. On peut imaginer une « Santé Commune » comme la mise en réseau de ces territoires-laboratoires autour d’une thématique de soin partagée : chaque territoire reste un laboratoire situé, mais les protocoles, les savoirs cliniques et les modèles de rémunération sont mutualisés et progressivement généralisés — ce qui était d’ailleurs l’ambition affichée dès l’origine (expérimenter localement pour ensuite généraliser). Lecoleduterrain
La gouvernance du commun et ses risques
Reste le point le plus délicat, qui prolonge une tension déjà signalée à propos du revenu contributif : qui décide de ce qui compte comme soin légitime ? Un commun, au sens d’Elinor Ostrom, suppose des règles de gouvernance élaborées par la communauté des contributeurs eux-mêmes — ni marché, ni État pur. Une « Santé Commune » réussie devrait donc inventer ses instances de délibération locale pour reconnaître les contributions de soin, sous peine de deux dérives symétriques : soit recréer un marché de la santé (où le soin devient une prestation monétisée de plus), soit recréer une bureaucratie qui surveille et normalise les activités des personnes au nom du bien-être.
Deux vigilances particulières s’imposent d’ailleurs sur le terrain de la santé, plus encore que sur celui du savoir. D’abord l’articulation avec l’existant : en France, la santé est déjà largement un commun institué (Sécurité sociale, hôpital public), et il faudrait penser la « Santé Commune » contributive comme un complément qui déprolétarise et réencapacite, non comme un substitut qui fragiliserait la solidarité universelle. Ensuite le risque d’un système à deux vitesses, où des territoires bien dotés en capital social développeraient une riche vie contributive de soin quand d’autres, plus démunis, resteraient dépendants d’un système résiduel — ce qui inverserait précisément l’intention émancipatrice du projet.
En somme, « rassembler les territoires contributifs à la Santé Commune » reviendrait à faire du soin le principe organisateur d’un réseau de territoires-laboratoires : des cliniques contributives comme cellules, un revenu contributif et une monnaie locale comme moteur économique, un réseau inter-territorial (type Internation) comme tissu conjonctif, et une gouvernance des communs pour articuler le local et le national sans recréer ni marché ni bureaucratie du soin.
Mise en place
Charte de collaboration multi-institutionnelle et non-exclusive
Résidentiel « Santé Commune » — expérimentation en Province de Luxembourg
Document de référence proposé par [nom du collectif / de l’asbl porteuse] aux institutions et partenaires associés au projet. Les éléments entre crochets sont à compléter avant signature.
Préambule
Le présent projet est un résidentiel dédié à l’expérimentation autour de la santé commune, conçu et porté en Province de Luxembourg. Il envisage la santé non comme un objet de gestion, mais comme un commun : une réalité qui se pense et se construit avec celles et ceux qui la vivent.
Cette orientation situe le projet dans une double filiation assumée : celle de la recherche contributive — au sens où les savoirs des praticiens, des habitants et des acteurs de terrain y sont tenus pour des contributions à part entière, et non pour une matière à extraire ; et celle de la résidence comme dispositif de décloisonnement, à l’image des instituts d’études avancées, où des personnes venues d’horizons institutionnels et disciplinaires différents se rencontrent hors de leurs cadres habituels.
Une telle ambition suppose la pluralité : elle ne peut appartenir à une seule institution. La présente charte a pour objet de rendre possible une collaboration à la fois féconde et équitable, en protégeant simultanément l’initiative qui fonde le projet et chacune des contributions qui l’enrichissent.
Article 1 — Objet et esprit de la charte
La charte définit les principes et les règles de fonctionnement qui lient le porteur et les partenaires du résidentiel « Santé Commune ». Elle repose sur trois engagements indissociables : la pluralité des institutions et des savoirs, l’équité de traitement entre partenaires, et le respect des contributions de chacun. Elle prime sur tout arrangement informel et sert de cadre commun à toute convention bilatérale ultérieure.
Article 2 — Titularité de l’initiative
L’initiative, l’intention, le nom et le cadrage intellectuel du projet appartiennent au porteur, [nom du porteur], qui en demeure le garant. Les partenaires rejoignent un projet qu’ils ne détiennent pas : leur participation, quelle que soit son ampleur (accueil, financement, expertise, mise en réseau), ne leur confère aucune propriété sur l’ensemble, ni aucun droit à en modifier l’identité ou la finalité sans l’accord du porteur.
Article 3 — Non-exclusivité
Aucun partenaire n’obtient d’exclusivité, de préférence ni de droit de préemption sur le projet. Le porteur reste libre de s’associer à toute institution ou tout acteur de son choix — notamment [ULiège, UNamur, UCLouvain, ULB, et tout autre partenaire pertinent]. L’engagement d’un partenaire ne lui donne aucun droit de regard ni de veto sur la participation des autres.
Article 4 — Égalité et parité entre partenaires
Les partenaires institutionnels sont traités de manière symétrique. Aucune institution ne bénéficie d’une position hiérarchique, d’une préséance de visibilité ou d’un statut de « partenaire principal » de fait. Le projet est présenté comme une œuvre collective et plurielle, jamais comme celle d’un établissement particulier.
Article 5 — Reconnaissance des contributions et propriété intellectuelle
Chaque idée, apport, contenu ou contact est rattaché à celle ou celui qui l’a proposé, et ce lien est maintenu tout au long du projet. En conséquence :
- Aucun apport (concept, programme, intervenant, contact, document) ne peut être repris dans la programmation propre d’un partenaire, ou d’une structure qui lui est liée, sans l’accord écrit de son auteur et du porteur.
- Les relations et contacts mobilisés pour le projet appartiennent aux personnes concernées, non à l’institution qui les rencontre à cette occasion ; nul ne peut se les approprier ni les détourner à d’autres fins.
- Les productions issues du résidentiel sont, sauf convention contraire, co-signées en mention de leurs auteurs réels et du cadre collectif.
Article 6 — Principe contributif et parité des savoirs
Les contributeurs non académiques — praticiens, habitants, acteurs de terrain, associations — sont reconnus comme contributeurs à part entière, et non comme sujets d’étude ou source de données. Toute observation, captation ou documentation les concernant requiert leur consentement explicite et donne lieu à une restitution utile à la communauté.
Article 7 — Gouvernance
- Le porteur est garant du cadre et de l’intention ; il tranche en dernier ressort sur tout ce qui touche à l’identité, au nom et à la finalité du projet.
- Un comité de pilotage, associant le porteur et les partenaires engagés, assure la co-construction opérationnelle (programme, logistique, budget) et fonctionne par recherche de consensus.
- Un conseil scientifique pluriel, composé de membres issus de plusieurs institutions [ULiège, UNamur, UCLouvain, ULB…] et d’acteurs de terrain, éclaire les orientations sans qu’aucune institution n’y soit majoritaire.
Article 8 — Contributions et réciprocité
Ce que chaque partenaire apporte (expertise, lieu, financement, réseau…) et ce qu’il en retire (visibilité équitable, accès aux travaux, savoirs co-produits) sont précisés dans une convention bilatérale annexée, dans un esprit d’échange juste et transparent.
Article 9 — Communication et visibilité
Le nom, l’identité visuelle et les canaux de communication du projet relèvent du porteur. Les partenaires y sont cités équitablement. Aucun partenaire ne peut présenter le projet comme le sien, sous sa seule bannière, ni en faire une composante de sa propre programmation sans accord préalable. L’usage des logos et intitulés est réglé au cas par cas.
Article 10 — Financements
Le projet recherche une pluralité de sources de financement. Aucun financement, quel qu’en soit le montant, ne confère à son pourvoyeur de droit de gouvernance ou de contrôle au-delà de ce qui est expressément convenu par écrit.
Article 11 — Données, recherche et publications
Toute activité de recherche menée dans le cadre du résidentiel respecte les principes de consentement, de restitution et de co-signature énoncés ci-dessus, ainsi que les cadres d’intégrité scientifique en vigueur. Aucune publication ou valorisation ne peut mobiliser les apports du projet sans accord des personnes concernées et du porteur.
Article 12 — Adhésion, durée, sortie et différends
L’adhésion se marque par la signature de la présente charte. Elle vaut pour [durée / édition]. Un partenaire peut se retirer moyennant un préavis de [délai] ; ses contributions restent régies par les articles 5 et 11 après son départ. Les différends sont d’abord traités au sein du comité de pilotage, dans un esprit de dialogue et de bonne foi.
Signatures
Fait à [lieu], le [date].
Pour le porteur — [nom du collectif / de l’asbl] : ____________________
Pour [institution partenaire] : ____________________
(Une page de signature par partenaire.)