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Santé Commune: Mesurer la santé sociale d’un territoire

Voici un tableau de bord interactif complet des indicateurs, puis les explications clés.

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Quelques points essentiels pour comprendre la logique de ces indicateurs dans le cadre de la Santé Commune.

Ce qui distingue la santé sociale de la simple santé publique, c’est qu’elle mesure les conditions structurelles de l’accès aux ressources, pas seulement les comportements individuels. Selon l’OMS, les inégalités sociales de santé ne sont pas dues au hasard ou à des facteurs biologiques — elles sont construites par la société et reflètent des injustices dans la répartition des ressources et des opportunités, produites par des conditions de vie inéquitables où certains groupes ont moins accès au système de santé, à l’éducation, à un logement décent, à un emploi sécurisé ou à un environnement sain. Santé Publique France

Le non-recours aux droits est un indicateur particulièrement révélateur. Plusieurs études constatent qu’aujourd’hui plus de 30 % des Français ne font pas les démarches pour accéder aux droits auxquels ils peuvent prétendre, ce qui peut faire basculer les ménages dans la pauvreté ou les empêcher d’en sortir. Les taux de non-recours atteignent environ 34 % pour le RSA et 43 % pour la complémentaire santé solidaire. Ministère des Solidarités

Le lien social est un indicateur plus difficile à mesurer, mais crucial. Il n’existe pas d’indicateur unique pour mesurer la force ou la qualité des liens sociaux — les chercheurs recourent à des indicateurs indirects : taux de participation associative, stabilité familiale, taux de chômage, évolution de la criminalité, sentiment de solitude ou de confiance. Près de 80 % des citoyens déclarent ne pas faire confiance aux autres, qu’il s’agisse d’individus ou d’institutions, selon le Baromètre de la fraternité 2024. Didier Dubasque

L’originalité de la Santé Commune est d’exiger que ces indicateurs soient toujours croisés avec ceux des milieux naturels. Par exemple, certains territoires ruraux présentent un environnement globalement bon mais des indicateurs de santé peu favorables, une forte précarité énergétique, une défaveur sociale élevée et une faible densité médicale ORS — ce qui montre qu’une bonne santé des milieux ne garantit pas automatiquement une bonne santé sociale, et que les deux dimensions doivent être analysées ensemble.