Méthodes de diagnostic participatif — Santé Commune

Outils de collecte, d'analyse et de restitution pour les trois piliers — milieux naturels, santé sociale, santé humaine

1
Préparer
Aller chercher les invisibilisés, dépasser son réseau habituel
2
Collecter
Mobiliser les outils terrain adaptés aux publics et aux trois piliers
3
Analyser
Priorisation collective — croiser données quantitatives et qualitatives
4
Restituer
Co-décider avec les habitants — pas valider des décisions déjà prises
Diagnostic en marchant
Observation in situ — terrain

Parcourir le territoire avec habitants, élus et professionnels pour identifier ensemble les points forts et faibles. Le corps se déplace, les sens sont mobilisés, la parole vient naturellement. Brise les dynamiques de groupe figées et favorise la prise de parole des personnes habituellement silencieuses.

Milieux naturels Santé humaine Espaces verts, voirie, bruit
Focus groups
Discussion guidée en petit groupe

Groupes de 6 à 12 personnes réunies autour d'une thématique précise. Permet de recueillir opinions, ressentis et expériences vécues en profondeur. Idéal pour des populations cibles (femmes, jeunes, seniors, personnes précaires). Chaque groupe peut couvrir un des trois piliers ou leur articulation.

Santé sociale Santé mentale Accès aux soins, isolement
Photolangage
Expression par l'image

Des photos sont proposées aux habitants qui choisissent celles qui représentent leur vécu, leurs problèmes ou leurs aspirations. Facilite la parole des personnes peu à l'aise avec l'oral ou l'écrit. Particulièrement efficace pour aborder des sujets sensibles (santé mentale, précarité, rapport à la nature).

Paysage vécu Bien-être ressenti Populations précaires
Cartographie participative
Représentation spatiale collective

Les habitants dessinent ou annotent des cartes de leur territoire : lieux appréciés, espaces évités, ressources manquantes, sources de nuisances. Révèle les usages réels et les représentations de l'espace invisibles des données officielles. Données exportables dans un SIG (QGIS, uMap).

Zones humides, pollution Accès aux services Mobilité, déserts médicaux
World Café
Ateliers tournants multi-thèmes

Tables thématiques autour desquelles les participants tournent. Pour la Santé Commune, chaque table approfondit un des trois piliers. Les idées s'accumulent, se croisent, se complètent entre les rotations. Adapté aux grandes assemblées (20 à 100 personnes) et à la restitution publique.

Milieux Social Humain Grande assemblée
Entretiens individuels
Récit de vie et parcours de santé

Entretiens semi-directifs permettant de recueillir des récits approfondis. Essentiels pour atteindre les personnes invisibilisées : précaires, isolées, mal-logées, sans droits, non-francophones. Révèlent les liens vécus entre dégradation des milieux, précarité et pathologies.

Non-recours aux droits Santé mentale Populations vulnérables
Porte-à-porte et enquête terrain
Contact direct, hors structures

Aller directement à la rencontre des habitants sur leur lieu de vie, dans la rue, les marchés, les lieux de passage. Contourne les biais de sélection des dispositifs institutionnels. Indispensable pour toucher les personnes qui ne participent jamais aux réunions publiques.

Tous piliers Populations non captives Milieu rural et précaire
Arbre à problèmes
Analyse causale collective

Les habitants identifient un problème central, puis en remontent les causes (racines) et en descendent les conséquences (branches). Outil puissant pour relier milieux naturels, conditions sociales et santé humaine. Permet de visualiser collectivement les chaînes de causalité propres à la Santé Commune.

Causes environnementales Déterminants sociaux Effets sur la santé
Les trois écueils à éviter
Participation alibi — consulter les habitants après que les décisions ont déjà été prises, pour valider plutôt que co-construire. Le diagnostic partagé doit se construire en lien direct avec son effectivité, c'est-à-dire avec les acteurs concernés dès le départ.
Toujours les mêmes qui participent — dans les quartiers populaires, ce sont les habitants les mieux dotés en capitaux culturels qui participent le plus souvent. Il faut des stratégies actives d'aller-vers : porte-à-porte, présence sur les marchés, partenariats avec les associations de terrain.
Trop de données sans analyse — collecter sans priorisation collective aboutit à une paralysie. Choisir mûrement une ou deux questions cruciales plutôt que d'accumuler des informations sans intérêt direct. Laisser la communauté choisir ses propres unités de mesure.